J'ai toujours entretenu un rapport à l'image qui tient une place importante dans ma vie et consacré une part importante de mon temps à regarder le monde qui m'entoure, les rues, les villes, les paysages, les personnages qui les habitent, les objets qu'ils ont forgés ou utilisent. Quand je me déplace en bus, je prends rarement le parti de lire, tant il y a à voir, même dans les trajets que j'ai parcourus des dizaines ou des centaines de fois.

Né dans une famille où la photographie était présente dans la vie quotidienne, j'ai trouvé avec mon premier boîtier 6x9, vers l'âge de 9 ou 10 ans, la chance de pouvoir enfin m'exprimer dans des images que mes dessins d'enfant peinaient à dire (ou se heurtaient parfois à l'incompréhension d'une institutrice normalisatrice). Dans cette maison où mon père avait installé un labo photo dans une cave, je pus très tôt m'initier aux techniques de tirage par contact ou agrandissement, développer mes films et voir les images apparaître comme par magie sur le papier trempé dans le révélateur. Du 6x9, je suis passé au 6x6, une « boîte » d'abord, puis un reflex, rêvé et acheté d'occasion de la vitrine d'un photographe.

Plus tard, passionné de cinéma, je me suis tourné vers les images animées et j'ai fait un long détour par le cinéma militant, dans le cadre du collectif "Cinéma Politique". La caméra devenait une arme au service de causes sociales ou politiques, tandis que l'engagement dans des luttes (grèves ouvrières, Droits de l'Homme, Larzac, impérialisme...) nécessitait aussi débat et réflexion sur le rôle et l'usage des images.

Mais, lassé de faire des films par trop didactiques, je suis revenu à la photo, avec cette fois le boîtier 24x36 de mon père décédé. Puis j'ai pu acquérir d'autres appareils plus modernes, mais gardant, autant que faire se peut, la maîtrise des paramètres de la prise de vue plutôt que de sacrifier à l'automatisme qui, en libérant de la technique, appauvrit l'apport créatif du photographe.

Tout autour de moi, dans ma vie quotidienne, comme à l'occasion de nombreux voyages pour motifs personnels ou professionnels, j'ai pu ainsi poser mon regard sur des gens et des environnements, proches ou lointains. Des images, pour dire mes émotions, mes sentiments, mon vécu, mes rencontres. Dans certains pays comme la Chine, la démarche était aisée, tant la photographie était vécue comme un jeu dans le quotidien des gens. Dans d'autres c'était plus difficile et il m'est parfois arrivé d'abandonner l'idée de photographier les gens, tant le fait de montrer un appareil photo suscitait méfiance voire hostilité. C'est alors à travers des environnements, urbains ou ruraux, des objets, des lumières, que j'ai essayé de parler de ces lieux. Pas des monuments ou des sites touristiques ; je ne les photographie que très rarement car d'autres l'ont fait beaucoup mieux que je ne pourrais le faire et ces photos sont disponibles partout. Mes photos ne cherchent pas à montrer ce qu'il "faut" montrer, mais plutôt ce que j'ai vu et de la manière la plus personnelle dont je l'ai vu.

En présentant quelques extraits de mon travail, par séries, ce site entend donner un aperçu, volontairement réduit, de mon exploration du monde, déclinée selon de grandes thématiques qui se sont construites chemin faisant et ont orienté mon regard. Même si certaines de ces thématiques ou certaines images débordent parfois le registre de l'humain, elles ne font que parler de l'environnement immédiat de l'homme.

Plusieurs de ces séries ayant fait l'objet de livres, vous trouverez dans les rubriques correspondantes la page de couverture et un lien sur le site de l'éditeur Photo#graphie : http://www.photo-graphie.org/

 

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